#40
Oui. Non. Non. Non. Non. Non. Oui. Non. Non. Non. Non. Mes conversations aujourd’hui.
Oui. Non. Non. Non. Non. Non. Oui. Non. Non. Non. Non. Mes conversations aujourd’hui.
Oui. Je m’amuse de nos exercices. Je l’admets. Mais ce qui m’amuse est devenu rare. Je vous raconte chaque jour. D’accord.
Le matin, je suis. Papillon. Chat. Antilope. Chat. Guépard (je cours vite pour attraper le bus). Grue. Chat. Chat.
Mais comment pourrais-je tout vous dire ? Vous pourriez tout dire, vous ? Toute votre journée. Les étincelles qui traversent la vision, les grands blancs dans la tête, les yeux qui se ferment, le cœur en papillon, les pieds qui chauffent, un sac qui scie le bras, le regard qui fuit loin dehors, les pieds mouillés, le sac qui tombe. Ceci est juste un extrait censuré de mes aventures pendant le trajet de bus. Entre 7h35 et 7h58.
Je trouve ça important de nous le dire. Avec ou sans dieu, la vision de la vie n’a pas la même profondeur. Et vous, vous croyez en Dieu ?
Je crois au lien fort entre le corps et l’esprit. Le corps et le mental. Ce qui me fait penser que je ne vous ai pas dit. Je ne crois pas en Dieu.
Ceci dit, c’était vrai pour les fraises, le vomi, et le reste.
J’avais subi trop d’émotion dans la journée.
C’est un peu ridicule ces déclarations solennelles que vous m’obligez à rédiger. Verbaliser pour s’impliquer. Des fois, j’ai très envie de rire quand vous me racontez votre logique et vos règles. C’est finalement très compliqué dans votre tête, et assez rigide.
Bien. Je dis quelque chose de vrai, c’est la règle du jeu. Une fois par jour. Je m’engage. Voilà. Par exemple. Une vérité. J’aimerais mentir. Je ne le ferai pas.
J’ai mangé les premières fraises de la saison. J’ai vomi les premières fraises de la saison.